29/08/2008 CORDIALEMENT.

Elle divaguait. Vraisemblablement la cadence infernale des interviews en ces temps de campagne électorale et l'impact des agressions que les candidats se faisaient par l'intermédiaire de ses articles.

Elle se retourna. S'allongea sur le dos. Ecartela bras et jambes comme pour puiser l'énergie des coins cardinaux. Ferma les yeux quelques longues minutes...

Le visage de l'aimé mort lui apparaissant, elle sursauta, s'assit sur le matelas ; avant de se caler sur son flanc gauche pour lire le dossier reçu.

Une lettre manuscrite accompagnait une trentaine de feuillets dactylographiés. Des copies de courriers.

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Chère Sabina,

Je lis avec intérêt vos reportages dans divers journeaux ; fluette voix compatissante dans un puissant monde en folie, et mon dernier espoir.
(Tant il est vrai qu'en ces temps maudits seuls les problèmes portés sur la place publique ont quelque chance de trouver un début d'équitable solution)

Lors de l'un des nombreux débats organisés en ces temps de campagne présidentielle, voulez-vous bien demander aux candidats quelles mesures ils prendraient, suite à l'évocation de mes quinze années de galère ?

Le Médiateur de la République n'a pu régler mon différent avec la puissante administration.
Ci-joint copie du rapport que je lui avais adressé.

Merci pour votre écoute, et ce que vous pourrez faire.
Cordialement.
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Suivaient les coordonnées de sa lectrice/auditrice.

Elle se resservit du café. Le but d'un trait. Reprit sa position allongée de lecture.
Elle hésitait à pendre connaissance de cette tranche de vie. Son impénitente curiosité naturelle étant stoppée. Comme figée devant une porte invisible.

A quoi bon lire. Transmettre. S'engager...

28/08/2008 DIX ANS !

Lisant les premières pages, elle s'ébahit.
Ces lignes lui remémoraient le thème de son premier roman. Voilà bien longtemps. Dix ans !

Au temps de l'espoir...malgré les bombardements de misères dans les contrées lointaines dont elle rendait compte...
Et Paolo...Paolo, l'amour perdu...Paolo qui s'était suicidé un triste jour de mission en Afrique. Une de trop, dans une organisation et un environnment qui n'avaient rien à envier au colonialisme tant décrié...

Elle frissonna.
Posa la lourde chemise verte contenant des pages agrafées...
Il importait avant tout de se laver du stress de la journée.
Prestement elle brancha la cafétière. S'étira sous une douche tiède. Enfila un lourd peignoir en éponge bleu.

Ayant brossé quelques minutes son opulente chevelure, elle rejoignit le coin cuisine dès le gargoullement entendu. Remplit son Thermos du chaud breuvage, après s'être servi un grand mazagran.

A plat ventre sur son lit, la tête entre ses mains, elle regardait le dossier qu'elle venait de recevoir.

C'était bizarre qu'une simple petite masse de papier soit resentie comme amie-ennemie. Nulle-importante. Danger-délivrance...
Un tout...Poussière d'un Tout...

27/08/2008 LA SONNERIE DU TELEPHONE RETENTISSAIT...

Poussant avec son dos le portail du petit pavillon de banlieue qu'elle louait avec une amie, Sabina déposa ses embarrassants dossiers sur la petite table de jardin qui trônait dans la petite loggia.

La sonnerie du téléphone retentissait fortement à l'intérieu. S'arrêta à peine eut-elle décroché le combiné. Il y avait des jours ! Elle décida d'aller chercher le courrier dans la boite fixée derrière la porte d'entrée ; avant d'écouter l'enregistreur.

Assise en tailleur, dans un coin de sa petite chambre, sur la moquette près du répondeur qui débitait les sempiternelles recommandations de sa direction, les rappels de son éditeur, les invitations de relations ...elle triait les quotidiennes enveloppes de publicités ou factures.
Déchirant en petits morceaux les premières, qui finiraient dans la cheminée, et classant les dernières dans son échéancier.
Soudain une voix s'imposa du téléphone :

"BONJOUR ! A bientôt !"

Elle resta interloquée quelques secondes. Haussa les épaules. Prit dans ses mains la grande enveloppe kraft gardée pour la fin, en général un catalogue publicitaire.

25/08/2008 SABINA claqua vivement la portière (début du roman)

Sabina claqua vivement la portière de sa voiture.
Le trousseau de clés s'échappa de ses mains, encombrées par une pile de dossiers ramenés du bureau. Ils s'étalèrent sur le trottoir lorsqu'elle voulu le ramasser.

- Merde ! Putain ! Con !
- Que voilà de vilains mots dans une aussi joilie bouche...

Accroupie au milieu de ses feuillets, elle serra les dents et s'interdit de répondre... s'appliquant à ramasser les pages à présent tachées de poussière. En espérant que les clés n'avaient pas glissé dans une inopportune bouche d'égout.

Brusquememnt sa main rencontra un élégant mocassin au verni impeccable. L'inconnu sciemment, venait d'écraser une page.

Allez savoir pourquoi, depuis le début elle avait senti que l'homme voulait qu'on le regardât. Satisfaction qu'elle continuait de ne pas vouloir lui concéder.

Il rit.

Ses dossiers regroupés, toujours courbée et indifférente, la maladroite en tâtonnant raclait les empiétements des roues.
Ouf !
Elle l'avait en main. Se relevant, elle continua de tourner le dos au mufle. Clencha et s'apprêta à traverser.

L'inconnu la rattrapa. La fit pivoter brusquement.
Les regards qu'ils échangèrent étaient remplis de surprise mutuelle.
Il la lâcha. Monta dans une Safrane noire garée quelques mètres plus loin. Démarra sussitôt.


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page suivante pas venue... pourquoi ?

25/08/2008 BONNE SEMAINE

Merci de bien vouloir excuser la non-diffusion des pages écrites
ces 3 derniers jours...problèmes techniques???
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